04.03.2008

Témoignage à la St Jacques de Reims

192789774.jpg   Nous sommes le samedi 28 juillet 2007 et l'association "RP51" renoue à Reims avec une tradition datant du moyen-âge, mais qui s'était perdue au fil des siècles : "la FETE de la St JACQUES"
   La fête commence par une célébration qui se déroule justement dans l'Eglise où je suis parti vers Compostelle, 16 mois plus tôt...

   Le prêtre a demandé à 3 anciens pèlerins d'intervenir sur le thème du jour : "Demandez et vous recevrez"... Je suis l'un des intervenants, voici mon témoignage !...

   "Après la bénédiction reçue dans cette église St Jacques de Reims au matin du 13 mars 2006, je suis parti pour Compostelle.
Comme de nombreux pèlerins je partais avec mes réalités quotidiennes, et des centaines de confidences faites pour les emmener à St Jacques. Tout cela nourrissait mon cheminement…  Pour ne pas trahir de secret, je vais juste parler de l’une de mes préoccupations du moment : la santé de mon père Henri, âgé de 86 ans et qui devait subir en mon absence une très lourde opération cardiaque".

   "Vous vous doutez qu’il arrive parfois au pèlerin, de partager, joies, craintes et espoirs avec ceux qu'il croise, avec ceux qui l'accueillent ou avec d’autres pèlerins en chemin : les préoccupations des uns et des autres pouvant parfois devenir prières réciproques... C’est ainsi, qu’au bout de 6 semaines de marche, j'ai pu déjà écrire à mon père à peu près ceci : « Papa, n’aie pas peur, tu finiras centenaire !... Car avec tout ceux rencontrés sur mon chemin et qui prient aujourd’hui pour toi, çà doit faire un bazar terrible là haut. Il n’est donc pas possible que « Celui d’en Haut » n’entende pas le boucan et t’oublie ce jour là ! »…
   "Mais beaucoup d’espoirs et un tout petit peu de foi n’empêchent pas des phases de doutes... Si bien que le 9 mai, en marchant vers l’abbaye St JUAN DE ORTEGA, ma prière se partageait encore entre « Demande », « Confiance » et « Crainte »… Jusqu’au moment où j’ai eu une impression bizarre (je ne sais pas trop l'expliquer - comme physiquement ressentie), on me répondait : « Arrêtes, je ne suis pas sourd, je t'ai entendu »… J’ai aussitôt modifié ma prière et j’ai commencé à dire « Merci ».
   "Deux heures plus tard, arrivé face à l’abbaye, Jacky (un autre pèlerin) me prêtait son portable et je joignais Joëlle mon épouse. Elle me dit : « Ton père est vivant »…
   "Mais cela, j’avais vraiment l’impression de le savoir déjà…"

Francis.


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05.11.2007

Réponses à des questions souvent posées

       Il y a déjà un an, en décembre 2006, l'association "Randonneurs et Pèlerins 51" m'a demandé de témoigner un peu de ce que fût mon chemin. J'ai choisi ce jour là d'intervenir sur les cinq questions qui m'ont été le plus souvent posées à mon retour. Je vous les livre ici aujourd'hui...
      Les réponses sont forcément partielles et bien évidemment personnelles : prenez-les comme le regard d'un pèlerin parmi tant d'autres...
      Mais comme on dit : " à chacun son chemin " !...



I – La 1ère : on me demandait souvent d’expliquer « Pourquoi j'étais parti ? »

La plupart des pèlerins ne savent pas l’expliquer, du moins avant leur départ… J’étais aussi de ceux-là… Sans pouvoir dire vraiment pourquoi, « seule l’impression profonde que je devais y aller, était présente »… Comme une évidence qui s’imposait…
Après y avoir pensé furtivement au fil des années, cette évidence m'est tombée dessus brutalement, à un an de ma pré-retraite. Mais c’est seulement après le départ que j’ai su mettre en mot « pourquoi j’étais en route sur le chemin de St Jacques »…

C'était le 14 mars au soir, j'étais parti la veille, et pendant mes deux premiers jours de marche, ma réflexion tournait autour des difficultés de communication et les souffrances que celà produisaient parfois... Je pensais à des proches : des membres de ma famille, des amis, des collègues, à plein de choses que l'on ose pas se dire au quotidien : on préfère parler de banalités plutôt que d'aborder des choses qui nous rongent, une inquiétude, une maladie, un décès... Puis avec le temps, on ne se comprend plus, et, ou l'on souffre chacun dans son coin !...
Ce soir là à Baye, j'avais toujours cette réflexion en tête, lorsque j'assitais à la messe du jour dans une petite chapelle... C'est alors qu'un premier texte a été lu et une phrase a attiré mon attention et raisonné en moi : « Viens à moi et discutons »... Et aussitôt le texte contenait une promesse, celle que si j'acceptais la discusion, alors « mon coeur serait transformé».
Je n'entendais alors plus rien, ni les autres lectures, ni les paroles du prêtre, rien d'autre que cette invitation : « Viens à moi et discutons »...  ici le texte en entier
Ce soir là j'ai parlé beaucoup à table avec mes hôtes, puis longtemps avec Françoise qui elle aussi était pleine d'interrogations... Lorsque je me suis couché, j'ai eu bien du mal à m'endormir.
Le lendemain matin, sur le livre d'or, avant de quitter mes hôtes, j'écrivais à peu près ceci :
« Mon pèlerinage, je crois que c'est juste un petit bout de chemin et un tout petit peu de mon temps, pour tenter de raccourcir la distance que j'ai laissé s'installer avec les hommes et avec Dieu »...


II – Une question revient souvent chez les candidats au départ  : « Comment as-tu convaincu ton entourage ? »

J’en ai d’abord parlé à Joëlle, mon épouse, puis à un cercle très limité de mes proches, car je ne souhaitais pas particulièrement parler de mon départ…
J’ai eu la grande chance que Joëlle adhère à mon projet, Elle y croyait… Çà devait être visible que c’était important pour moi et « qu’il fallait que je prenne ce chemin »… Et Joëlle l’a très vite compris !

Au début j’espérais que la plupart de mes amis et collègues l’apprendraient bien assez tôt, et si c’était après mon départ, çà n’en serait que mieux. Car pour moi, un pèlerinage c’était d’abord une affaire personnelle…  « Et c’est là, que je me suis mis complètement le doigt dans l’œil !... »

En effet, je me suis vite aperçu que certains avaient dû « cafter », puisque des personnes à qui je n’en avais pas parlé étaient au courant. Et je voyais bien que la rumeur gagnait du terrain, tant et si bien que j’ai fini par en parler ouvertement …
Alors, un conseil,  si vous voulez partir sur la pointe des pieds, ne faites pas comme moi : « Secret total ! »… Mais est-ce possible, et même : est-ce souhaitable ?...  Je ne le crois plus. Je vais y revenir !...

Joelle a non seulement accepté l’idée de mon départ, avec les conséquences d’une absence de plusieurs mois, mais elle a très vite pris toute sa place dans la préparation, n’hésitant pas aussi à prendre mon parti face à des proches. Elle parlait de la voie de Vézelay que j’allais rejoindre, elle expliquait parfois mieux que moi, pourquoi je partais. Elle participait aussi à aplanir les inquiétudes et les réticences exprimées par mes parents, mes enfants… Je remercie celle qui a été une parfaite « chargée de communication » : avant et après mon départ.


Au début les réactions étaient diverses : « surprise, enthousiasme, envie, mais aussi inquiétude, doutes et même moqueries… Il faut dire que certains se demandaient si, avec mes 116kg, je n’allais pas plutôt prendre le bus ou le train dès que j’aurai disparu à leurs regards, que de faire 2000km à pied…  


Mais il faut croire que nous avons su convaincre, car au jour du départ plus personne ne doutait que je partais en pèlerinage, à pied, et vers Compostelle… Et la famille, mes amis, ceux de RP51, les anciens collègues, tous ceux qui avaient pu se rendre libres étaient à mes côtés à la bénédiction, le lundi 13 mars 2006 à l’église St Jacques de Reims… Le scepticisme n’était plus de mise et ils étaient nombreux ceux qui m’ont transmis par écrit, un salut, des encouragements, ou bien une prière, un message personnel à remettre à St Jacques… Ces quelques mots sur des bouts de papier, ces confidences très touchantes, cette confiance que l’on m’accordait en me faisant part de choses qu’on ne livre habituellement jamais, ont été essentiels sur mon chemin… Chaque jour j’en lisais 3 ou 4 avant l’étape, et ces messages accompagnaient ma réflexion ou ma prière au cours de la journée… Le fait que mon pèlerinage soit public permettait ainsi à beaucoup de personnes de partir un peu avec moi… J’emmenais vers St Jacques un peu de leur quotidien, de leur vie, de ce qui leur tenait à cœur… C’est pourquoi je n’ai plus jamais regretté l’information faite autour de mon départ. Ces 200 ou 300g de petits bouts de papiers, bien à l’abri dans une pochette étanche, n’alourdissaient pas le sac. Au contraire, c’était un trésor qui m’a formidablement porté au long de mon chemin…



III – Comment t’es-tu préparé ?

Vous vous en doutez, la décision prise, le corps et l’esprit se tendent vers le but fixé…
Joëlle et moi avons adhéré à l’association « RP 51» au début de 2005 et nous avons participé ensemble à 4 week-ends de marche vers Vézelay… Mais RP51, c’est bien plus que la rando !... C’est d’abord l’esprit d’amitié qui y règne : on s’y sent bien !… Et puis, c’est beaucoup de conseils reçus : sur les topo-guides, les gîtes, les étapes, la nourriture, le sac à dos, le bourdon, les chiens agressifs, le choix du matériel, les soins, etc… Ces journées de randos et de rencontres avec les amis de RP51 permettent d’emmagasiner mille et un petits trucs, utiles à qui veut marcher sur une longue période, et notamment deux conseils essentiels :
- le premier : « prends grand soin de tes pieds »… car c’est bien connu : « qui veut faire des km, ménage ses pneus »
- le second c’est : « vide ton sac ». Pour parler plus clairement : « sépares-toi de l’inutile » (et il n'est peut être pas uniquement ici question, du sac à dos)

La préparation c’est aussi l’esprit qui travaille… Beaucoup de lectures et les dialogues avec d’autres pèlerins, m’ont rapproché avant même mon départ, de ce chemin plus que millénaire, chemin chargé de plein d’histoires humaines… J’étais conscient que je partais avec mes réalités d’homme, tout comme des millions d’hommes et de femmes l’avaient fait avant moi, comme certains qui sont ici dans cette salle,  chacun partant avec je ne sais quoi qui leur est intime… Bien d’autres allaient suivre… J’allais être l’un d’eux !… Cette impression de suivre « un chemin d’humanité » qui allait me ramener à « l’humain » ne m’a plus jamais quitté … Le chemin me travaillait déjà.



IV – Comment s’est passé le départ ?

Je ne vais pas vous parler de l’émotion à la bénédiction de départ, mais du premier choc ressenti…
Oh, je n’étais pas bien loin, je montais la pente au dessus de Rilly-la-Montagne, et en me retournant je voyais encore Reims… Et c’est là en apercevant la cathédrale au loin, que j’ai pris conscience de ma solitude : « j’étais parti ! »… Je n’allais plus voir les miens !…
Je pensais à ma famille, à ma fille Marie qui pleurait ce matin là, à mes amis… J’avais quitté mes relations, ma maison pour plusieurs mois sans connaître précisément la route, sans savoir où j’allais dormir au delà du second jour, qui j’allais rencontrer… Je n'avais que quelques affaires sur le dos ou en poche, j'avais perdu mes repères et j'allais dépendre des autres, du hasard de mes rencontres... Je sentais déjà que çà devait être un peu cela le quotidien du pèlerin : « mais qu'est ce qui m'avait pris de partir ainsi ?  »... Bref un gros coup de blouze !…
J’avais lu quelque part que l’on ne devient pèlerin qu’en partant… J’en faisais l’expérience dès les premières heures… Alors je me suis dit que ce devait être une réaction normale, et j’ai continué ma route en pensant à tous les beaux échanges qu’avait provoqués mon départ. Et puis pour l’immédiat, n’avais-je pas la chance d’être attendu le soir même par Lucette et Xavier.



V – Comment s’est déroulé mon chemin ?

En partant en mars sur la voie de Vézelay, j’ai marché seul pendant presque toute la traversée de la France (seulement 5 pèlerins rencontrés en un mois et demi). A l’inverse dès Ostabat, et encore plus pour la traversée de l’Espagne, nous sommes des dizaines de pèlerins à nous rencontrer sur le chemin et aux étapes… J’ai été aussi accueilli dans des gîtes ou hébergé chez l’habitant, souvent par des gens simples mais formidables... J'ai constaté que sur ce chemin, les couches de vernis, les carapaces tombent, et l'échange est souvent profond... On va plus vite au coeur de ce qui nous touche… C'est ainsi que d’autres réalités, d’autres vécus, d’autres confidences s’ajoutaient à celles que j’emportais vers Compostelle…

J’ai donc aimé la solitude pour la réflexion personnelle qu’elle permet. J’ai apprécié la rencontre qui renouvelle et alimente cette réflexion. L’une et l’autre se complètent et apportent leurs doses de joies, et de très très belles amitiés se nouent. J’ai apprécié la randonnée, la beauté ou la rudesse des paysages traversés, la rencontre de la faune au détour d'un chemin, la rosée des petits matins, mais vous aurez compris que ce qui a surtout marqué mon chemin, c’était d’abord la rencontre de « l’Autre », et peut-être parfois l’impression que « Celui d’en haut » n’était pas bien loin.

Je suis parti avec les gelées, j’ai rencontré un peu la neige et beaucoup de pluie, j’ai senti le vent froid des Pyrénées ou des cols galiciens, et j’ai chauffé au soleil espagnol de mai. J’ai soufflé et haleté dans des ascensions qui n’en finissaient pas (ah ! Ronceveaux), j’ai trouvé très pénible les descentes dans les chemins pierreux… Mais est-ce que j’ai vraiment souffert physiquement ?... Oui certainement !... Mais je crois que dans l'ensemble j’ai assez bien réussi à écouter mon corps et à adapter la longueur des étapes au terrain rencontré, à ma forme, et au temps... « Marcher à son rythme et savoir s’arrêter quand c’est nécessaire : voilà le secret »... Et puis, çà va tout de suite beaucoup mieux après une bonne douche, après avoir enfilé des vêtements secs, dorloté un peu ses pieds et son dos.

Non, à chaque fois qu’on me demande quelle a  été la véritable difficulté, ce qui a été le plus éprouvant pour moi, je réponds sans hésiter : « l’absence »… « L’absence des miens sur une longue période, (c’est très long deux mois et demi) : c’est cela la vraie difficulté !... » Je vous ai raconté mon premier coup de blouze, il y en a eu bien d’autres…

Je ne vous raconterais pas mon émotion à l’arrivée à Compostelle le 28 mai…  Mais, j’espère que mon récit aura un peu contribué à vous donner le goût au départ… En tout cas, c’était le but recherché !... Et si j’ai parlé ici et là de difficultés, n’en ayez pas peur… Les coups de blouze, les petites douleurs c'est normal, c'est humain, mais vous verrez qu'ils font ensuite partis également avec le temps, des bons moments...
Et de ce long chemin, il ne vous restera que le souvenir des instants de joies, de profonds partages, et beaucoup d’émotions... Le sentiment et les souvenirs d’avoir vécu des moments intenses, et même parfois inexplicables.


Je conclus simplement mes propos par quelques phrases :


- Celle de Daniel, diacre et ancien pèlerin, qui me donnait la bénédiction à Reims : « Tu verras que ce n'est pas le pas que tu as fait qui est important, ni celui qui suivra. Non, ce qui est important, c'est le pas que tu es entrain de faire ».
J’ai mesuré très vite qu'il n'était pas tant question de randonnée que d’être attentif à faire ce que je devais faire dans l'instant présent. Le pas précédent, c'est déjà du passé et on ne peut plus le changer. Le pas suivant on aura bien le temps de s'en occuper lorsque viendra son tour.


- Dans son « au revoir », Joëlle avait transformé un peu le titre d’un film que nous avions vu ensemble, pour me dire : "Vas, Vis intensément ton chemin, et Reviens"... Je n'imaginais pas alors, l'importance que prendrait chacun de ses mots... J'ai suivi son conseil en pensant très très souvent à elle. 

- Au retour, en parlant de moi, Marie disait à sa mère : « laisses-le tranquille, tu vois bien qu’il est encore à l’ouest ». Elle ne le dit plus !... Mais je lui renvoie une forme de réponse, en souhaitant ici à chacun et chacune de vous qui m’écoutez : « Que vos chemins ne s’arrêtent jamais ! »

FORUM RP51 : Décembre 2006
Francis


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29.04.2007

DEPART DE JACKY et DE PATRICIA

29 avril 2006... Il y a très exactement un an vers 17h, j'arrivais à Roncevaux, après avoir traversé la France en 45 étapes...
29 avril 2007 à 16h50... Le téléphone sonne... Une voix au bout du fil, que je reconnais instantanément : c'est "Jacky".

   Jacky!... J'ai fait la connaissance de ce Rouennais, au soir de mon arrivée à Roncevaux... A partir du lendemain j'allais

Jacky et Isabelle, notre amie de l'autre côté de l'océan, devant un plat de spagetti bolognaise fait main

 cheminer très souvent avec lui et Isabelle, une amie Québecquoise... Jacky, c'est celui qui marche de dos en pleine méséta, au centre du bandeau de ce Blog... Nous avons

Isabelle, Jacky et Josep (notre ami Espagnol)... Nous faisons une petite pose sur les Monts de Oca

 parcouru ensemble le Camino Francès jusqu'aux abords de LEON, d'où il a pris le chemin du retour  (travail oblige)...

   Depuis, il y a eu quelques échanges et la grande joie de nous retrouver à 5 pèlerins à Caen, pour inaugurer l'ouverture d'un 

En septembre chez Véro : Patricia accompagne Jacky, puis Géraldine, Jacques et moi (c'est Véro qui prend la photo)

 petit commerce de Véro, une autre amie pèlerine...

   Jacky n'est pas très grand de taille, mais c'est un grand bonhomme par le coeur... Un grand bonhomme de la pensée positive... Il clopinait quasi en permanence, (des douleurs dans les pieds), mais je ne l'ai jamais entendu se plaindre. Au 

Maria la Mexicaine qui venait faire ce chemin pour dire merci de sa guérison (une maladie l'empêchait de marcher). Ce fût très difficile pour elle, mais elle est allée au bout. Et j'ai eu la joie de partager émotions et prières à ses cotés, lors de la messe des pèlerins, dans la cathédrale de Santiago

 contraire, il était toujours à réconforter ceux qui était autour de lui...
   Jacky, c'est l'un des amis qui s'est assis à côté de moi ce 9 mai 2006 vers 16h. Au loin on découvrait l'abbaye de SAN JUAN DE ORTEGA... C'était un jour très particulier pour moi, avec un 

Au centre de l'image, c'est sous l'ombre du sapin à gauche de la route que le groupe a appris la nouvelle

 mélange de confiance et de crainte : mon père de 86 ans était depuis 8h du matin sur une table pour une lourde opération cardiaque... Avec d'autres, Jacky s'est fait discret, mais proche, à l'écoute... Il m'a passé son "portable" et j'ai pu joindre Joëlle... C'est là face à cette abbaye et entourés de mes amis, que j'ai su que l'opération venait de s'achever... Et un cri a jailli : "il est vivant"... Quelques heures plus tard, entouré de Jacky, d'Isabelle 

Devant l'albergue de San Juan de Ortega : Josep, moi, Jésus, Marie-Claude et Jacky (Isabelle prend la photo)

 et de Josep (que nous surnommions "Alberto") nous avons participé à la célébration dans la chapelle de l'abbaye... Ensuite, après que le Padré ait offert aux pèlerins sa traditionnelle soupe à l'ail, nous nous sommes retrouvés tous les quatre autour d'une bonne bouteille de "Rioja", à boire à la santé de mon père : Henri !...


   Et aujourd'hui 29 avril, Jacky m'appelle pour m'annoncer qu'il repart ce soir pour l'Espagne, accompagné de Patricia sa compagne, et avec tous les deux la ferme intention de repartir de LEON pour aller au bout de ce Chemins d'étoiles... Inutile de vous dire que je vais bien penser à vous deux, et que je ne vais certainement pas être le seul !...

A Villacazar de Sirga : Véronique et son père Jacques, Géraldine et Jacky. Isabelle est attablée


   Jacky et Patricia, c'est sans hésiter, comme nous venons d'en convenir, que je place ici un article annonçant votre départ... Il va vous permettre de donner de temps en temps de vos nouvelles, au hasard des "alberges" et des gites "pélégrinos" équipés d'internet que vous rencontrerez. Il permettra également à vos familles et à vos amis de vous envoyer leurs encouragements... Pour cela, une seule adresse à retenir et à communiquer autour de vous, celle de ce blog : http://dereimsacompostelleen2006.hautetfort.com/ 

A Caen : juste derrière Véro et Géraldine se trouvent Patricia et Jacky qui partent aujourd'hui vers Compostelle


   Comme je vous l'ai dit, je pars moi-même avec Joëlle, dans la journée du 6 mai pour Le Puy en Velay. Nous allons faire une partie de cette grande voie historique des Chemins de Compostelle, ce qui devrait nous emmener jusque Conques... Soyez certains que vous serez dans mes pensées, comme le seront tous mes amis pèlerins rencontrés l'an dernier...
   Jacky et Patricia, je souhaite une nouvelle fois de tout coeur : "Que vos chemins ne s'arrêtent jamais", et j'attends avec impatience l'instant où nous serons de nouveau réunis.
   Je vous embrasse.

ULTREIA
Francis

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13.09.2006

Pensées sur le Camino

Lettre ouverte à une amie, 

 

     Avant de me lire, tu trouveras d'abord ci-dessous, un texte que j'apprécie beaucoup. Il fait parti de ces choses qui nous accompagnent sur un chemin comme celui de Compostelle.

   Il a été écrit par un homme que je trouve d'une grande profondeur d'esprit. Il s'agit de Jean-François BERNARDINI, (l'auteur et interprète du groupe corse I'MUVRINI)...  Je l'ai entendu prononcer ces paroles au stade de France devant 60.000 personnes à l’occasion de la St Patrick (patron des Celtes), au cours du spectacle où « la Bretagne invitait la Corse »... Le silence dans le stade était impressionnant... A ma connaissance, il n'existe aucun enregistrement de ce texte, hormis le DVD du spectacle !...

    La photo est celle d'une vieille femme que j'ai rencontrée entre Méditerrannée et Atlantique, au beau milieu de la Méseta Espagnole.

 

La main de la terre

 

Il y avait peut-être cent ans qu’elle était là,

ou peut-être juste un instant.

 

Le vent de la nuit lui caressait le visage,

Je ne saurais vous dire où était son pays, où était sa maison,

si elle était femme de marin, de paysan,

d’exilé ou d’émigrants,

si elle avait franchit la mer, les montagnes, ou l’océan.

La terre semblait être derrière elle,

En la voyant marcher on pouvait imaginer

qu’elle la portait toute seule sur ses épaules.

Allez donc savoir ce qu’elle s’en allait chercher ?

ce qu’elle aurait aimé entendre cette nuit là ?

La nuit, les regards des hommes s’éteignent un peu,

on dit que la lumière est à l’intérieur :

dans un village, au fond d’un port,

en haut d’une montagne,

un phare dans l’océan,

ou bien une étoile dans le ciel.

 

medium_Compostel4011r.2.JPG

 

A chaque chant qui résonnait,

elle accordait son âme, elle accordait ses pas.

Elle disait qu’elle voulait apprendre le chemin,

jusqu’aux plus beaux signaux du monde,

jusqu’à la beauté qui unit les hommes et les peuples.

Son rêve, elle l’écrivait de quatre mots :

unité qui rassemble, la diversité qui enrichit.

En chaque chant du monde,

elle voulait graver une alliance, une reconnaissance.

Dans chaque langue, elle voulait apprendre

la part d’altérité, d’intelligence, d’humanité.

Elle disait que c’était cela la plus belle promesse d’avenir,

de paix, de richesse du monde.

 

Un jour le poète a écrit pour elle :

« l’homme n’est ni grand ni petit,

il a la taille de ceux qu’il sait aimer et respecter ».

Elle, elle répondait « que toute la vie,

il fallait apprendre à être l’invité de l’autre, l’invité du monde,

que c’était cela l’hospitalité ».

 

Il y a peut-être cent ans qu’elle marchait ainsi,

ou peut-être un instant,

c’était cela sa fidélité.

Le chant d’amour qui fait pleurer les yeux d’un peuple,

ne peut à tout jamais laisser indifférent l’âme du monde.

C’était cela sa paix.

 

Ce soir entre la mer et l’océan,

il y a peut-être quelques lumières de plus

dans les mains de la terre

là où rien n’est séparé,

là où s’additionnent et se reconnaissent

toutes les dignités du monde.

Là où des enfants de Bretagne

ont écrit un jour :

"tous ces pays dispersés par le vent,

les chants de blé dans la poche des paysans,

et l’océan qui n’a plus pour frontières

que la graine emportée par une main d’enfant".

 

Ce soir, ce soir le pain sera blanc à la table d’hôte.

Passant, demeure ici pour le partager.

 

Il y a peut-être cent ans qu’elle marchait ainsi

ou peut-être un instant.

Elle disait que cette beauté là est invincible !

Elle disait que cette beauté là est invincible !

 

Jean-François BERNARDINI

 

   De cette vieille femme qui peinait tant, je ne sais quasiment rien : ni son pays, ni sa maison, sauf qu’elle parlait une langue que je ne comprenais pas. De son équipement rudimentaire, elle sortit la seule bouteille en plastic d'un quart de litre qu’elle possédait. Il ne restait que quelques gouttes vite avalées… Elle souffrait de tendinite à ne plus pouvoir marcher et s'arrêtait tous les dix pas... Elle a mis plus de trois heures pour rejoindre l'étape que l'on devine au bout du plateau, alors que la plupart mettaient une demi-heure... Mais elle n’abandonnait pas et avançait, reprenant cent fois, encore et encore sa marche douloureuse ! " Allez donc savoir ce qu’elle s’en allait chercher? "

   J’ai croisé son regard lorsque je lui ai donné de l’eau, et je suis sûr que malgré la douleur de ses pieds et de sa jambe gauche, «elle était invincible»

   Cette femme m’a renvoyé à mon propre chemin : « qu’est ce que j’allais moi-même y chercher ? »… Cette vieille femme m'a parlé de bon nombre de pèlerins, de ceux qui cavalaient et de ceux qui peinaient, mais qui tous lorsqu'ils parlaient "du chemin", étaient comme toi et avaient quelque chose de lumineux dans leurs regards et de l'enthousiasme dans la voix...   C'est certainement d’apercevoir en l’autre « cette petite lumière intérieure » qui nous aide dès les premiers instants de la rencontre avec tous ces inconnus, à lever un bout du voile et quelques questions de notre quotidien...

   Car sur ce chemin, on acquière très vite la conviction de cette recherche commune en quelque chose qui nous dépasse... Et d’avoir cette certitude, c'est déjà beaucoup ! Elle nous permet peut-être, comme le faisait cette vieille femme, de choisir malgré toutes les difficultés et au delà de toutes les apparences, « de faire confiance en l'Autre et en l'Avenir »...   C’est peut-être parce qu’elle faisait ces choix, qu’elle rayonnait « de cette beauté invincible » ?...

 

Francis

 

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01.07.2006

Compostella

     Instaurée au XIVème siècle, la Compostella est un certificat officiel délivré au bureau des pèlerins de la Cathédrale de Compostelle à ceux qui ont accompli au moins les 100 derniers kilomètres à pied, ou les 200 derniers kilomètres à vélo ou à cheval. Délivrée sur présentation de la créanciale (voir l'album photo "Ma Créanciale")

 

medium_Compostella0003.2.jpg

    

     " Le chapitre de cette Eglise Cathédrale Apostolique et Métropolitaine de Compostelle, gardien du sceau de l'autel de l'Apôtre Jacques, pour que tous les fidèles et pèlerins qui viennent de n'importe quelle partie de la terre avec attitude de dévotion ou à cause d'un voeu ou d'une promesse, jusqu'à la tombe de saint Jacques, notre patron et protecteur des Espagnes, certifie devant tous ceux qui examinent ce document que

                    Francis ..................................

a visité dévotement ce temple très sacré avec un sentiment chrétien (pietatis causa). En fait de quoi, je lui remets le présent document muni du sceau de cette même Eglise.

     Donné à Compostelle le 28ème jour du mois de mai de l'an du Seigneur 2006 "

   

29.05.2006

Je n'ai rien d'autre à vous dire

               

ompostelle le lundi 29/5 en fin d'après-midi...

Et voila, mon chemin piétonnier vers St Jacques s'est achevé hier au petit matin, avec l'entrée dans la ville de Santiago de Compostelle... Pour ce qui est du pèlerinage, allez donc savoir ?...

Mes premières impressions à chaud !...

 

e n'ai rien d'autre à vous dire que vous ne sachiez déjà !

Que vous étiez présents avec moi... Je vous ai emmené, Joelle, les enfants, ma famille, mes parents, mes amis, mes potes, mes anciens collègues, et tant d'autres, y compris ceux et celles qui m'ont hébergé, ou avec qui j'ai fait un bout de chemin au cours de ces dernières semaines.... Au delà des personnes, c'était aussi l'amour, l'amitié, la vie, les joies, les peines, la maladie et les deuils ; le monde du travail, ses souffrances, ses espoirs, ses égoïsmes, ses fidélités et solidarités dans ses combats pour plus de justice et de dignité.

 

e n'ai rien d'autre à vous dire que ce "Camino" est un beau chemin.

Il est beau de par les paysages traversés, par ses lieux inconnus, sa verdure ou son aridité, le froid et la fournaise, sa monotonie et sa diversité... Il est beau également par l'universalité de ceux qui l'empruntent depuis plus de 13 siècles. On y rencontre des jeunes comme des vieillards, des vaillants et des souffrants, mais chaque jour tout ce peuple venant de tous les continents se remet en marche... Allez donc savoir ce que chacun s'en va chercher ?...

 

e n'ai rien d'autre à vous dire que ce chemin est un merveilleux chemin.

Il est merveilleux parce que dans la solitude du jour, il nous donne du temps, loin de l'effervescence, avec rien d'autre que nos réalités humaines et spirituelles... Ce chemin est merveilleux parce qu'il nous fait accumuler de très très très belles rencontres... De fortes amitiés se nouent par des échanges, des confidences qui nous renvoient dans notre quotidien d'hommes et femmes, d'époux et d'épouses, de pères et de mères, apportant parfois ici et là, des débuts de réponses à des questions que l'on n'avaient même pas posées.

 

e n'ai rien d'autres à évoquer que mon émotion.

Devant le tombeau de St Jacques, lorsque je lui ai donné mes messages persos, ceux que vous m'aviez confiés lors de mon départ, ceux reccueillis en chemin... L'émotion qui monte encore, la gorge qui se serre, les larmes aux bords des yeux lors de la célébration des pèlerins, tout ce peuple venus des quatre coins de l'horizon, ce monde en quête de meilleur !...

 

on, je n'ai rien d'autre à vous conter !...

Et pourtant si !...  Cette grosse impatience de vous communiquer ma joie et de vous donner l'envie, avant même mon retour, de mettre un jour vos pas dans "ce maudit Camino de Santiago"... Ce que le monde serait beau, s'il était partout chargé de tant d´humanité et de divin...

 

Je vous embrasse toutes et tous.

Francis

 

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04.04.2006

En Chemin (n° 1)

Le hasard me fait passer ce soir devant un cybercafé ouvert, et je me décide à entrer pour vous donner collectivement quelques nouvelles !

Cà se bouscule dans ma tête, qu'est ce que j'ai envie de vous dire qui me semble important ?

out d'abord mon départ :

J'ai été très sensible à votre présence, physique, par les petits mots transmis : il y en a de très touchants !... J'en lis chaque jour trois ou quatre. Des souhaits, des prières, des questions, des encourragements...

Et puis, les paroles fortes  de Daniel lors de la bénédition (de mémoire):

- " Ce n'est pas le pas que tu as fait qui est important, ni celui qui suivra. Non, ce qui est important, c'est le pas que tu es entrain de faire "... Je mesure qu'il n'est pas tant question de randonnée, qu'un souci d'être accueillant à ce (à ceux) qui Daniel : ' Ce n'est pas le pas que tu as fait qui est important, ni celui qui suivra. Non, ce qui est important, c'est le pas que tu es entrain de faire 'viennent à moi dans l'instant présent...  Ce n'est pas facile, et souvent la phrase de Daniel me rappelle à l'ordre.

- Ce que j'ai compris de l'autre phrase de Daniel, c'est " de ne pas chercher de réponse à toutes mes questions, mais d'être simplement présent et à l'écoute,... que c'était seulement en m'oubliant que les réponses à mes questions viendraient naturellement "... Une amie de Pontarlier me dit un peu la même chose en m'invitant à " Ouvir tout grand mon coeur "

J'essaie !...

remières impressions depuis le départ :

La communication :

L'une de mes filleules m'a offert pour mon départ, un petit chien en peluche... Au delà de ma 1ère réaction "je vais avoir l'air malin avec ce petit bétail sur mon sac", il a été très vite pour moi le signe de tout ce qu'on ose pas se dire au quotidien, par timidité, parce que l'on ose pas se confier, par peur de ne pas être compris... Et puis aussi des échanges ' Tout ce qu'on ose pas se dire au quotidien 'qui ne se font pas au quotidien parce que l'on ne veut pas aborder des choses qui vont faire souffrir; on préfère parler de banalités plutôt que d'aborder quelque chose qui nous ronge, une inquiétude, une maladie, un décès... (j'ai beaucoup pensé aux miens, à ma famille, à mes amis, à des collègues, plein, plein de personnes de mon entourrage)...  De ces non-dits s'accumulent parfois des incompréhensions, d'autres souffrances...

Des certitudes :

Je suis actuellement dans la Creuse à "La Souterraine", et il y a déjà très longtemps que je devrais être rentré à la maison, car je n'ai rien pour réussir... Dire que je suis en surpoids est un euphémisme, j'ai des problèmes de pieds, je n'aime pas particulièrement la marche, et j'ai des soucis de coeur !... Mais je me sens entourré, vous m'accompagnez. Je vous ai emmené avec moi sur le chemin de St Jacques... Je vous emmène avec ce que vous m'avez confié (même à demi-mots... Et puis j'ai l'impression que "Celui d'en Haut", veille un peu sur moi...

Avant le départ, je ne savais pas trop mettre en mots les raisons de mon départ... Mais dès les premirs jours une évidence s'est imposée : " Mon pèlerinage c'est un petit bout de chemin et un petit peu de mon temps, pour tenter de raccourcir la distance que j'ai laissé s'installer avec les hommes et avec Dieu "... Alors j'essaie de lui parler de vous !...

Une autre chose qui me trotte dans la tête, c'est qu'en définitive, j'ai plein de chose à faire passer de la tête vers le ' Alors j'essaie de lui parler de vous ! 'coeur... D'autres diraient : "faire par raison ? ou par amour ?"

Bon je termine là... J'allais dire : "tout le reste n'est que randonnée et géographie" !...  Ce n'est pas vrai !... Car soyez certains  que je goûte aussi aux paysages, j'hume les parfuns de la terre, j'apprécie la rencontre des lièvres et des écureuils, la rosée du matin... Et puis j'ai fait quelques rencontres de gens simples, mais qui vous disent des choses qui prennent aux tripes...

Francis

essages perso :

Aux amis de Baye : Vos documents ont bien été remis lors de mon passage à vos destinataires de Mesnil St Loup

A Gilbert et Anne-Marie : J'ai fait le petit crochet promis pour rencontrer l'abbé Jacques... Rassurez-vous, il va bien, il était même en pleine peau... Dîtes aussi à Marie (la dame brune qui m'a mis en contact avec vous) que je pense souvent à la cause de ses migraines, et que je porte sa médaille.

A ce même Jacques, lorsqu'il verra Léonne et Guy : dîtes leur que leurs deux "intentions" sont avec moi et sont en route vers St Jacques... Dites-leur que j'ai confiance !...

Et puis à tous autres Michel et Annick, Maud et Benoit, Andrée et Marie, Françoise,... vous qui ne m'avez pas laissé seul la nuit sur le bord de la route : "Grands Merci !"

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06.03.2006

Partir avec vous

 

A Joëlle, mon épouse,

A mes quatre enfants, avec une pensée toute particulière à Marie (ma petite dernière inquiète, et que je voudrai rassurer)

A toute ma famille, mes amis, mes collègues, les membres de l’A.C.O. et de la M.O. rémoise

Aux pèlerins de RP51 et d’internet,

A tous ceux avec qui j’ai partagé de près ou de loin, un peu de mon projet de pèlerinage vers Compostelle

 

 

e m’adresse à chacune et chacun de vous,


 

 

ous m’avez tous, peu ou prou, aidé à façonner un bout de ma vie, à la construire… Même parfois sans le savoir, vous m’avez porté, encouragé, aidé à vivre mes convictions…

Aux premiers se sont ajoutés, au fil de la dernière année écoulée, des pèlerins partageant sur internet, ou rejoints dans l’association R.P.51.

Les uns et les autres, vous avez tous marqué de l’intérêt à mon projet de pèlerinage
Tous à un moment ou un autre, vous avez été là… Vous m’avez tous à des degrés divers, aimé, soutenu, accompagné, provoqué, questionné, engueulé, conseillé… Envers toutes et tous je suis redevable…

Alors, c’est avec ces grands ou petits bouts d’histoires communes, que je pars rendre Sur le côté de l'église St Jacques à Reims existe un passage du nom de l'Apôtre. C'est d'ici que les pèlerins d'autrefois partaient vers Compostelle, après avoir reçu la bénédiction.visite à l’Apôtre Jacques… A une semaine de ce départ, je vous dois donc quelques dernières précisions (certaines sont toutes fraîches de ce matin)

 

Je suis de la paroisse Notre-Dame & St Jacques de Reims, aussi je participerai avant mon départ dans ma ville aux offices suivants :
- Dimanche 12 mars à 10h30 : Célébration dominicale à St Jacques
- Lundi 13 mars à 08h00 : Célébration du jour à la Cathédrale
- Lundi 13 mars à 09h00 en l’église St Jacques : Bénédiction du pèlerin, de son bourdon et de sa besace, par Daniel (diacre à Reims, et ancien pèlerin de Compostelle)… Le « départ du chemin » commencera au sortir de l’église…
Chacun peut s’il le désire, au gré de ses convictions et/ou de ses possibilités, être présent physiquement ou par la pensée, à ces lieux de rendez-vous…


 

e vous fais aussi les propositions suivantes.…
- Lundi, juste avant le départ, lors de la bénédiction du pèlerin, les présents pourront s’ils le désirent écrire sur un postit’, un vœux, une prière, un espoir, une joie, une peine, destinés à être emmenés vers Messire St Jacques… Ces petits écrits de quelques phrases seront déposés dans une corbeille afin de laisser la possibilité de garder l’anonymat.
Coquille acrochée à mon sac qui a été coulée et façonnée par Jean-Marc. Ce copain prend avec son épouse Michèle, le chemin de compostelle au départ de Reims le 24 mars. - Ceux qui me connaissent peuvent m'envoyer un mot au domicile...  Attention, dernier passage du facteur avant mon départ : le samedi 11 mars

- Pour vous amis internautes, , je peux aussi partir sur le chemin avec vos intentions, vos espoirs, vos prières,… Il vous suffit de m’envoyer avant mon départ, un commentaire sur ce blog  (cliquez si besoin en haut à gauche du blog, le menu : "A propos")

Tous ces petits mots chargés de ce qui vous tient à cœur, seront regroupés dans une pochette et placés dans mon sac à dos, avant que celui-ci et son contenu reçoivent la bénédiction du départ le 13 mars…


 

e promets à chacun de vous deux choses :
- Chaque matin, avant de reprendre le chemin vers Santiago de Compostelle, je relirai quelques uns de vos écrits. Ils m’accompagneront au cours de la journée et quand je prierai St Jacques, vos intentions se joigneront aux miennes.
- Si j’arrive à « Compostelle », je me placerai près du tombeau de l’Apôtre Jacques, et lui transmettrai une dernière fois avant mon retour, chacun des messages que vous lui avez destiné.


 

ous voyez que je ne pars pas tout seul, puisque vous serez avec moi sur le chemin…
Je suis d’ailleurs persuadé que vous m’aiderez avec St Jacques, à me porter dans les moments difficiles.


 

Ultréïa

Francis

 

 

PS : J’ai créé ce blog il y a quelques mois, à la demande de quelques membres de la famille… Vous pouvez m’y envoyer des messages quand vous le voulez… Sachez néanmoins que sur le chemin, je souhaite rester disponible à ma démarche… Aussi je ne vous promets pas des nouvelles et des photos régulières…  Mais si l’occasion s’en trouve, j’enverrai ici ou là, quelques réponses collectives… Et puis, rendez-vous à mon retour pour plus de détails, de vives voix ou par courrier…

 

A bientôt !...

 

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06.11.2005

Se préparer au départ dans sa tête

La décision prise, la machine se met en marche
Si j'avais pu, je serai même parti sur le champ.
 

’en parle très peu, mais j’y pense souvent. Je me mets parfois à en rêver... Car l’esprit se tend vers le but fixé. Mes questions fusent : « qu’est ce que je vais chercher ? », « pourquoi ? », « randonneur ou pèlerin ? »

Je marche avec Joëlle sur une journée, des week-end, ou quatre jours d'affilé, comme cet été faisant le tour de Belle-Ile... Petit à petit le projet est porté à deux. Et puis, il faut se préparer à l’idée d’une séparation de plusieurs mois. Fixer ensemble la meilleure période pour le départ. J’aurai aimé partir en janvier, au 1er jourSt Jacques Pèlerin à la Cathédrale de Reims... Cette imposante statue est située sur la face sud de la tour sud de mon « inactivité », ce sera courant mars… C’est effectivement plus sérieux, si l’on tient compte des saisons.

Je lis des récits du chemin, je m'attarde sur des témoignages de pèlerins. J’échange sur le net avec quelques un(e)s d’entre eux. Je m'arrête sur leurs cheminements, plus qu’à la route accomplie. Ils sont hommes et femmes différents, mais tellement semblables… Dans leurs parcours, ils sont tous attachants avec leurs quêtes d’humanité, de divin. C’est cela qui m’intéresse ! Comme si leurs expériences personnelles allaient répondre à mes propres interrogations... Je n’y trouve pas forcément les réponses, mais quelque chose se passe... Je crois que je me sens proche, j’ai parfois l’impression de les connaître.


e ces échanges, de ces lectures, une impatience s’installe… C’était d’abord un espoir que le chemin fasse naître en moi un homme nouveau, avec ses ruptures, une harmonie plus grande entre la pensée et les actes, plus d’humanité, de proximité, plus de…,  une ligne de conduite pour ma future vie de retraité.


Mais même ces espérances se transforment au fil du temps !… D’autres idées commencent à germer à 4 mois du départ. Une impression confuse que je dois juste me laisser faire, « que je verrai bien ce que le chemin produira en moi !… » Ecouter, mais me laisser porter !…  Avoir l’esprit en éveil, mais aussi m’abandonner !… L’idée que je devrais peut-être faire une croix sur mes attentes. Comme une impression que St Jacques et Celui d’En Haut ne sont pas forcement à mes ordres… Qu’eux aussi ont peut-être des projets !…

 

Francis

 

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01.11.2005

Un jour, se décider !


e ne me rappelle plus exactement quand, mais le contexte est gravé dans ma mémoire…

Compostelle, j’y avais déjà pensé quelques fois : « comme ça » au fil des années...  Mais à 13 mois de la fin de mon activité professionnelle, il a suffit d’y faire à nouveau allusion, pour que ça devienne une évidence.  Sur le champ c’était décidé : « dès que je le pourrai, je partirai vers Saint-Jacques !»St Jacques Pèlerin en l'église d'Asquin (89)... C'est ici que se regroupaient les pèlerins pour monter en procession jusqu'à Vezelay.

Coup de folie ?…  Non !… Mais plein d’espoirs, plein de choses enfouies que je voulais retrouver.  Et une seule certitude : "je marcherai bientôt vers Compostelle" !...  

Je ne sais pas si j’irai « jusqu’au bout », mais c’est sûr, j’emprunterai le chemin qui mène « vers »... Saint-Jacques s’est imposé !… Je voudrai lui rendre visite !…

Ce n'est même pas "une envie", mais simplement une impression que "je dois y aller"... Et me demandez pas pourquoi,... car à ce jour au fond de moi,  je ne le sais toujours pas !…

 

Francis

 

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20.10.2005

Rester en contact !...

orsque j’ai fait connaître à mes proches, mon intention de faire le pèlerinage de Compostelle, les réactions ont été multiples et parcourraient toute la panoplie des sentiments… J’y trouvai des expressions allant de la surprise à «ça ne m’étonne pas», de l’inquiétude pour ma santé à «ça ne pourra te faire que du bien», du doute en mes capacités à la certitude que j’atteindrai Compostelle, de la quasi-indifférence jusqu'à l’enthousiasme ou l'envie…

    Mais, quel sera véritablement mon chemin ?  Je serai bien incapable de le dire aujourd'hui !…

     Néanmoins, dans la perspective de ce départ, mon entourage se rejoint sur un Communauté en prières dans la Cathédrale Ste Marie-Madeleine de Vézelaypoint : « il faut que l’on puisse recevoir régulièrement de tes nouvelles et les réflexions que t’inspire le chemin »… Et puis un jour, Maïté et Bruno m’ont dit : «pourquoi ne pas faire un site sur internet, tu trouveras bien ici et là des cybercafés ; tu nous y raconteras tes progressions et nous feras parvenir des photos.  De notre côté nous pourrons t’envoyer quelques messages»…
 

    Oui ! Mais comment faire ?…      Et à la fin de septembre, on m’a parlé des "blogs"…  Au 1er octobre, ce "blog" était créé en moins de 10mn, puis le premier article «départ annoncé» fût mis en ligne. Depuis, j’ai ajouté très simplement des albums photos, une liste de livres, de films et de sites, traitant du pèlerinage. Ils m'ont tous beaucoup intéressé…  

     Le gros avantage du "blog" est qu'il ne demande que le temps de l’écriture, le message étant tout de suite en ligne...  Cela va me permettre de communiquer rapidement vers vous,… et de recevoir facilement vos messages !

 

Francis

 

 

our m'envoyer un message !… 

     Attention !... Si vous ne respectez pas ce qui suit, il y a toutes les chances pour que votre message se lie à ma première note "Départ annoncé", et non pas à la note précise sur laquelle vous voudriez m'envoyer un petit mot... Pour éviter cela, il faut dans l'ordre :

  1. Retournez au menu : "Notes récentes", (colonne de droite, juste en dessous du calendrier)…
  2. Cliquez sur le nom de la note sur laquelle vous voulez réagir.
  3. Une fois cette note affichée, juste en dessous celle-ci, vous aurez accès aux cases vous permettant d "Ecrire un commentaire",  lié à cette note.
  4. Vous remplissez les cases (voir ci-dessous "A savoir")
  5. Une fois envoyé, votre commentaire vient s'ajouter à la suite de la note que vous aurez sélectionnée au point 2...

     Il vous est ainsi possible à tous moments de réagir à mes propos, ou de me faire un petit coucou... Avant, pendant et après mon chemin... Je compte sur vous ! 

Merci d'avance !…

 

A savoir :

  • Le nom ou le pseudo que vous ferez figurer dans la case "Votre nom", apparaîtra à la suite de votre commentaire sous la mention "Ecrit par"...
  • Dans tous les cas, l' e-mail que vous mentionnerez, ne sera jamais publié sur le blog... Je suis le seul à pouvoir le lire, et donc à pouvoir vous répondre personnellement...
  • Par contre, en indiquant l' @dresse de votre site perso à la case "votre URL", tous les lecteurs pourront vous rendre visite sur votre site, en cliquant sur "votre pseudo".
  • Le message que vous écrirez dans la case "Votre commentaire", sera le texte qui se placera après ma note, et à la suite des éventuels commentaires déjà existants.

 

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01.10.2005

Départ annoncé

n janvier 2006, je vais être libéré de mes obligations professionnelles. « Je vais avoir du temps ! ».  Changement de rythme, vie nouvelle... Est ce que je vais être acteur ou me laisser ballotter par les évènements ? Qu'elles sont les valeurs qui me guident ? Qui me pousse ?
Aujourd'hui, j'ai le sentiment de vivre sans prendre les temps d'arrêts suffisants pour mesurer mes actes au regard de ce que je crois important...   Mais déjà : "qu'est ce qui est vraiment important pour moi ?,... ça aussi j'ai besoin de le redécouvrir !..."  Aussi, je pense qu'il est indispensable que je commence ma vie "de retraité", par un break qui me soit marquant !...  "Un temps de ruptures, de passage, de renouveau ! "

    Et pourquoi pas Compostelle ?, il y a si longtemps que c'est au fond de moi !...

artir à pieds vers Compostelle, oui, c'est décidé !...   Oh! peut-être que les premiers jours seront vécus comme une randonnée: marcher, faire le vide, marcher par plaisir... Mais après ?...  Après !... Viendra fatalement la question insidieuse : "mais qu'est ce que je fais encore sur ce chemin, sous le froid du matin, sous la pluie ou le soleil toute la journée" ? ; "j’ai du boulot  qui m'attend à la maison, et je serais si bien près des miens !"…  

    Et il me faudra tenir, durer pour que questions et réponses viennent... Car je crois qu'on ne part pas 3 mois à pieds sur les chemins, sans que l'itinérance des pas, conduise à l'itinérance de la pensée et de l'esprit.  Alors j'ai cette espérance que le rythme lent de mon pas, vaTableau de St Jacques en la Cathédrale de Vézelay m'obliger à prendre le temps d’écouter mon corps et mon coeur, à regarder, écouter et entendre l'autre qui vient à moi, prendre le temps d’admirer, de comprendre, de me laisser questionner et investir par la vie.
    Partir, c'est quitter le lieu du quotidien pour aller ailleurs... Mais ici, cet ailleurs n’est pas inconnu, ni choisi au hasard. Je vais marcher vers un autre lieu connu, habité, humain, de foi : « Compostelle – Le champ des étoiles »...  Et le chemin qui va m’y conduire est lui aussi chargé et jalonné d’histoires humaines, car c'est celui emprunté par des millions d'hommes et de femmes, qui depuis plus de mille ans, se mettent en route vers l'apôtre Jacques et vers je ne sais quoi qui leur est intime... Je vais être l'un d'eux et avec eux... Je vais tourner mes pas vers Compostelle, et je vais laisser vagabonder mon esprit sur mon chemin intérieur !  Jusqu’où cela me mènera-t-il ?...


e découvre en écrivant ces lignes, que je vais emprunter « un chemin chargé d’humanité », qui va me ramener à « l’humain ». L’image est belle et me convient !…

 

    Le départ n'est prévu qu'au printemps 2006... Mais le chemin me travaille déjà, et celà depuis l’instant où je me suis dis : "je pars".

 

Francis

 

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